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Le hachoir à télé


Berlin ou l’omniprésence de la FersehenTurm

Alex et Karl

Karl Marx / Privat


Les grandes mains de l’Histoire

mémorial à Ernst Thälmann mémorial à l’Armée Rouge mémorial à la réconciliation

P.I.M.P. - Voyage

Fête de quartier de la culture souterraine. Grande journée portes ouvertes des espaces ouverts dans le Berlin alternatif, en cours d’agonie immobilière.

Plus de quinze lieux s’ouvrent à tous, le temps d’un film, d’un atelier ou d’un coup à boire. Histoire de montrer tout ce qu’on peut faire avec des bouts de récupération, des bras, des rêves et un esprit collectif.

Premier lieu : la Fleischerei (La boucherie). Dans l’atelier Fleischerei, des graphistes graphent des tee-shirts pour emballer la viande, à savoir nous. Les œuvres sont exposées dans un réfrigérateur de boucher et les habits pendus aux crochets. Les artisans-graphistes sont adeptes de Francis Bacon. Derrière la boutique, plusieurs pièces se succèdent : petite pièce d’exposition aux murs tatoués, ateliers où s’entassent les modèles graphiques, le matériel et les folies visuelles, comme cette machoires de piano pendant au-dessus de nos têtes. En bas encore un studio de musique accueille des projets musicaux. La Fleischerei n’est pas un squatt. Le propriétaire a changé, la façade est en rénovation, les réalisations des artistes suffisent tout juste à payer chacun des projets. Ici, les graphistes des murs de Berlin s’y croisent et y exposent leur univers, où flottent les cadis, les symboles politiques et les sigles publicitaire, comme autant de rêves échoués dans La Réalité.

Second lieu : le local de la Freie Arbeiterinnen- und Arbeiter-Union(FAU) qui diffuse un téléfilm d’Arte sur la grève d’ouvriers d’une usine de chimie Française. Dans le local propre, on diffuse du Punk en français, on peut lire des parutions des fédérations anarchistes françaises, on y apprend que les militants FAU berlinois ont dénoncé les méfaits de Balkany à Levallois Perret, ville jumelée avec le quartier Schöneberg de Berlin...La bibliothèque est fournie, le réfrégirateur de bières accueillant.

Troisième lieu : Schwarzer Kanal (Canal Noir), village de wagons, de jeunes femmes. Là-bas on y diffuse une pièce audio et on y tient un petit bar dans une paillote. Les roulottes sont rassemblées dans un terrain vague encastré entre l’usine rutilante Vattenfall (note : le leader de l’énergie allemande), l’usine de briques rouges à l’abandon, la maison de retraite et des bureaux vides. Les filles et les femmes qui habitent ici, sont queer, elles ne se reconnaissent pas de genre, même si ce sont des femmes. Elles sont toutes vêtues de noir, portent des cheveux courts et des piercings, et parlent avec une douce voix d’ange. Ce sont de fragiles brebis noires qui vivent ici sur le sol pollué des usines désaffectées. Elles cuisinent les unes pour les autres, organisent un festival de films Queer.Une religion secrète les unit, elles sont de celles qui écoutent. La pluie a battue nos manteaux. Des marres d’eau reflètent le ciel. Un feu détrempé est relancé, nous nous y réchauffons, perdus dans un terrain vague, au milieu de la grande ville, cœur du grand pays de la vaste Europe, minuscule dans les grands océans de l’immense terre perdue dans l’infini mouchoir de poussière qu’est l’univers. Les anges noires se parlent doucement, un jeune dandis à chapeau-veste observe les trous dans la cheminée de brique, une américaine raconte sa généalogie Pacifique... Nous ne tenons qu’à un feu, mais nous y tenons, il avive notre chaleur humaine.

Quatrième lieu : Kastanien Allee 77, cinéma alternatif. Un gateau collectif y est proposé, et chacun peut avoir sa part. Le film projeté raconte la répression policière dans les Favelas de Rio de Janeiro. Trois allemandes racontent des brésiliens victimes du harcèlement policier. Trois allemandes racontent les mères qui souffrent le martyre d’avoir vu leur fils, souvent noir et pauvre, tué par des policiers, gardiens de la sécurité publique. Trois allemandes racontent les peurs collectives de quartiers entiers relégués derrières les murs de la grande Rio. Pour la police c’est invariablement la lutte contre de dangereux dealers de drogue qui mène à la mort ces jeunes hommes. Pourtant, à voir les mères chez elles, quelques mètres carrés tout occupés de lit et de photos du fils, on sent bien que ce n’est pas là la maison d’un caïd de la drogue. Un homme qui brasse les millions de la drogue ne peut pas avoir 17 ans et une petite amie de 14 ans enceinte. Il y a de la violence dans les favelas, les armes à feux y font des ravages. Mais il y a la seconde violence encore plus douloureuse pour les habitants des quartiers, celle introduite par des robocops sensés les protégers. Certains protagonistes du film appellent à fermer les favelas : « Que la ségrégation ne soit pas qu’économique ! Si on ne partage pas la richesse alors qu’on ne partage pas la police non plus ! Quel que soit le blondinet européen qui entrera dans la favelas, il n’en sortira plus. Il sera obligé de vivre et de travailler avec nous ». Dans cette cocotte minute où des enfants ne mange pas à chaque repas, où la fureur fait monter les larmes aux yeux des mères, où la vie est sous un couvercle de plomb, un homme abattu gît sous les yeux de la caméra stupéfaite. On le retourne comme de la viande. Le film a pris nos tripes, nous repartons.

Cinquième Lieu : Ackerkeller, club alternatif homosexuel-le. Dix regards d’hommes se tournent vers nous. Ils sont presque nus. Nous débarquons dans cet univers comme on sort du ventre de sa mère. L’entrée est payante pour une soirée en sous-vêtements. Les droits d’entrée nous font toujours reculer, débacle.

Sixième Lieu : Brunnenstrasse 183/Umsonstladen, projet auto-géré et anticapitaliste où l’on peut déposer des objets et se servir gratuitement. Pour y pénétrer, on escalade un escabot et on se glisse par une lucarne. Aux murs de la salle de bar pendent des tableaux étranges, résidus des ce qui est passé par là. Dans une alcôve une centaine de bouteilles de bière ainsi qu’une télévision gisent, coulées dans du béton, et nous regardent boire depuis leur cerceuil. Une américaine parle et raconte son dégoût des Etats-Unis.


Beaucoup d’autres lieux ont ouvert leurs portes aux habitants du quartier ce week-end : Le Baiz, le Kopi, Schokoladen, Linie 206, der Linienhof, Mastul, Kastanienallee 86, KvU, Ausland, Schöne Christine, La Comicbibliothek Renate, l’Orphtheater,...

L’invitation du PIMP est claire, le projet vise à montrer des lieux à l’agonie, obligé de rentrer dans la logique économique quand bien même ces projets privilégient le « vivre ensemble avec le moins d’argent possible ». Espaces ouverts avec un idéal, pas acceptés, pas acceptables. L’immobilier déloge l’homme...


P.I.M.P. - Projets dans Mitte et Prenzlauerberg - Pour quoi ?


L’initiative Projets dans Mitte et Prenzlauerberg a pris sa source dans la menace très concrète qui pèse sur les projets d’habitat et de culture alternatifs : Kastanienallee 86, Brunnenstrasse 183/ Umsonstladen et Schokoladen.

Si nous parlons ici de « Menace », c’est parce que la modernisation et la rénovation de l’habitat ancien s’accompagne systématiquement d’augmentations de loyers, insoutenable pour celles [1] qui y vivent. Cela, beaucoup l’ont vécu et le vive encore. Les habitantes engagées dans des projets collectifs se voient ainsi condamnées à quitter leur quartier (et plus précisément des structures sociales expérimentées depuis des dizaines d’années), et cela pour l’unique raison qu’elles ne peuvent pas payer des loyers multipliés par trois.

Dans notre situation, tous comme dans bien d’autres Projets, ce n’est pas que le projet de logement qui est anéanti par l’argent, ce sont aussi les espaces de vie, lieux, dans lesquels les gens vivent et travaillent ensemble. Vivre ensemble dans de grandes communautés, dans des ateliers de travail partagés et dans des espaces de manifestation non commerciaux, ne nécessite pas seulement que les coûts soient modestes, mais aussi, et c’est très important, que les étages des immeubles soient laissés ouverts et pas fermés en espaces privatifs.
Le conflit d’intérêt est évident : de petits espaces habitables avec de hauts standards augmentent les recettes des propriétaires, ne permettent pas des expériences de vie en dehors de celles dans « 1 à 3 chambres-cuisine-salle de bain » et sont tout simplement trop chères. Les projets lancés dans la restauration, par exemple, qui ne s’orientent pas vers un modèle d’entreprise intéressée par la recherche du profit maximum, ne peuvent tout simplement pas être menés, faute d’argent.

... et comme il en va du monde comme des programmes de télévision...

Nous estimons que le Droit, d’organiser notre vie et notre travail collectivement selon nos idées, est au moins aussi légitime que celui de vouloir augmenter ses revenus. Pour nous, il est nécessaire de faire intervenir la créativité dans les sociétés et dans ce qui s’y passe, ce qui n’est pas adapté ou créé est à faire, autrement ou soit-même, afin d’opposer quelque chose au Mainstream-Uniforme. Nous voulons construire des espaces de vie, dans lesquels nous et d’autres se sentent bien, où l’émancipation politique de gauche peut s’y débattre et s’y vivre, où les comportements racistes et hétérosexistes ne sont pas la norme, dont des gens avec peu d’argent peuvent se servir, et où les choses peuvent se passer autrement que ce qui nous imposé. Pour la plupart d’entre nous, il est tout aussi important que les projections de film, les lectures, les pièces de théatre restent gratuites et non intéressées. Certains trouvent leur subsistance dans des entreprises collectives.

Nous sommes tous d’accord pour dire que :
Nous préférons auto-organiser notre vie « pauvre, mais sexy » [Note de la Traductrice : La phrase de Klaus Wowereit, maire de Berlin est devenu le symbole de la ville-capitale dont la situation financière est catastrophique - 17% de chômage et 61 milliards d’euros de dettes Arm, aber sexy]] [2]
L’auto-organisation apporte de bonnes choses
ou : .........................................................

et que
Les intérêts de économiques sont à subordonner aux humains et pas l’inverse ;
Une vie belle pour tous est plus importante que le capitalisme et que territoire allemand,
ou :..........................................................

La recherche, du vivre ici et maintenant fondamentalement autrement, a bien sûre ses limites - mentir à ce sujet serait un non-sens improductif. Chaque « Espace Libre » n’est libre que d’une certaine façon, comme le permettent les contextes internes et externes. La plupart des Scènes décident de codes et de critères, dont l’emprise est présumée, et plusieurs types d’exclusion (l’âge, le handicap, la « différence culturelle » nous traversent tous plus ou moins). Nous cuisinons aussi avec de l’eau !
Important voire même nécessaire, le travail non rémunéré est, en ces temps de pression économique, de plus en plus difficile - tous comme la masse croissante de personnes marginalisées passe de plus en plus à travers les mailles de la protection sociales.
Cette recherche vaut pourtant le coup.
PIMP


SubKulture Nacht


Hémicycle


Portraits 2


Portrait

La chaire est triste, hélas,
Et ma crête est molle
J’irais jardiner sur vos têtes
Les crânes sont de mèche

Noir et rouge


Les Taggs des jours

Les tag [3], les taggs,les taggs,
Die Jours, die Jours, die Jours,
Jours après jours, les taggs, toujours mettent du goût aux jours.


Parcourant les murs, fécondant les enceintes
Les taggs s’accouplent dans les plaintes,
Sans s’offusquer de plusieurs paternités.
Mais la faim des graffs, elle, est restée.
Nos parois doivent exister !
Du lait pour ces murs laids !
Nous têtons les bombes,
Nous fêtons ces frondes,
Entêtées contre nos tombes,
Le béton dont nous tombons
Sur la tête des tags, les taggs,
Die Jours, die Jours, die Jours,
Abat jour des jours, les taggs, mettent bas le lourd.

Les graffeurs sont nos tapissiers,
Ils tissent et stylent au fluide glacial.
Mais le roi ne les a pas commandés,
Pour qu’ils narrent leurs faits d’arme.
Sur les rames, sur les quais, dans les trams,
Il restera leurs faits d’âme.
Au plus haut étage, les tags, les taggs,
Die Jours, die Jours, die Jours,
Mis la nuit, vus le jour, les tags,ils cassent l’ennuis qui sourd.

D’une lignée aînée : l’annonce murale,
Est née, au fil des années, la scission filiale.
Le tagg et la publicité se sont ainsi spécialisés.
L’un cri mural, l’autre prix commercial.
Dès lors les deux bêtes ne purent plus s’accoupler.
A moins de n’être à l’autre létal.
Schmuck [2]de Munch, les tags, les taggs,
Die Jours, die Jours, die Jours,
Se succèdent les tags, et animent les cours.


Tatouage sur la peau nue des murs,
Imprimé dans la brique, couleurs apparasites.
Nos garde-fou portent blasons et armures
Parfois brouillon, parfois prodige, parfois souillon
Des troubadours sans musique veulent vivre la ville artistique.
Piller les murs pour ne pas être pilés
Telle est la devise qui fait grincer les dents au ciment.
Perlent des armes sur les murs,
Lamentations ou guerrière guérison.
Pain quotidien, les tags, les taggs,
Die Jours, die jours, die Jours,
Armures des mots d’amour.
Des cris perçants ont franchi les murs du son,

Dans la clameur des murmures,

Sans bruit, tout en écrit.

Dessinent des grattes pierre,

Mais où se situe la capitale du parle muraille ?

A Berlin, la ville qui a mûrie sur son Mur.

On crie Ma Liberté, murs d’idées, murs d’idées,

Les taggs comptent les jours, comme en amour, comme en prison.

Graffeur taggue nos jours, dévie nos visions,

Die Jours, die Jours, die Jours,

Inscris nos vies sur les murs sourds.


Candy Kills Kids


premiers pas à vélo


équilibre

L’équilibriste glisse sur son câble réglisse
Il fléchit , pèse, soupèse, réfléchit
Mi sur terre, mi au ciel
Il a mis à terre le ciel
A six pieds sur terre
Tel l’oiseau perché sans autre aile que sa perche
Et cet L au milieu
Balance sa liberté
de voler ou de tomber

La guerre des ondes



Le coup du sapin





Pas croyable, jeté comme ça.

"À la porte,

— Allez ouste du balai !
— Tu piques, tu prends toute la place, tu mets du bazar.

— Partout, toute la journée, tu me poursuis, me colle tes épines dans le dos, ça me hérisse, tu es dépassé, épuisé, tu es là à crever sur le parquet, tu nous coupes l’envie.

— Tes beaux atours sont fanés, ta fraîcheur est partie souffler ailleurs. Maintenant c’est le travail, plus le temps, de jouer, de discuter, de céder."
Cette fois la décision était ferme : "à la rue !" Comme s’ils ne m’avaient pas fait venir quand ils avaient besoin de moi, pour faire le beau, pour rassembler à l’unisson le coeur battant des traditions.

Comme si une fois l’euphorie fraternelle passée, et la routine morose s’installant, il n’y avait plus de place que pour les mieux portants, les plus souriants, les plus neufs.
Moi, je m’en vais avec les poubelles, je vous dis adieu, je pars en voyage... Et je ne serai pas seul, nous sommes légions à nous jeter à corps perdu sur les routes, attendant qu’on nous emmène... vers d’autres paysages... vers d’autres villages...vers d’autres vies.
Bien sûr, le voyage sera en cargo, et loin de moi les premières classes de ma jeunesse, lorsque, vert et droit, toutes les attentions étaient pour moi, toutes les célébrations..."Mon beau sapin roi des forêts...que j’aime ta verdure..."... Mais soit.

Et bien qu’ils restent plantés là à chanter jusqu’à l’année prochaine ! Je m’en vais faire un tour, voir du côté de mes racines, et eux ils peuvent bien végéter là, vieilles bûches de Noël.

Moi, ma saison est passée et j’ai assez de bon goût pour me retirer à temps. C’est moi le visiteur, l’arbre nomade qui repart sur les chemins des composés...

Ce n’est pas moi, mais vous, humains, qui êtes jetés.



AVIS DE RECHERCHE


TROUVÉ : Sapin de Noël


Ai trouvé le 5.1.07, l’arbre (en photo) dans la Bernhardt-Lichtenberg strasse.

Signes distinctifs :
- taille de 163 cm
- les épines sont brunâtres
- tronc : grisâtre
- il perd des aiguilles entre le presque vert et le presque blanc

si vous reconnaissez cet arbre, contactez-moi : martha5@web.de

Grosses Bises Martha