L’aire de rien

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L’orgasme vient d’ailleurs

lundi 26 juin 2006, par Martha

L’orgasme féminin, la belle affaire.
On n’a plus que ce mot sur les lèvres. De France Inter à Philosophie Magazine, le plaisir est caressé dans le sens du poil.

Mais où se tapit donc cet hôte secondaire ?

Secondaire ! Et pourquoi secondaire ? Ca par exemple ! Pourquoi pas superficiel tant qu’on n’y est ? Y aurait qu’un homme pour écrire ça !

Laissez-moi donc m’expliquer. Je dis secondaire parce que d’abord, l’orgasme dure quelques secondes. Même les hégéries de pornographe n’ont jamais dépassé la minute, tout le monde le sait ! Ou alors il y a simulation. Mais au fond, tout au fond, une femme sait que l’orgasme est une éclosion. Les palpitements, les ébrouements, les répliques peuvent durer, certes, mais l’orgasme est passé. C’est un troupeau d’éléphants qui charge et puis disparaît dans la brousse des draps. Alors l’orgasme est secondaire, l’orgasme à la ptite seconde.

Et puis... Si l’orgasme féminin était primordial, beaucoup de femmes ne feraient jamais l’amour. Les excisées, les frigides, toutes, les catholiques engoncées, les déprimées enfoncées, les droguées défoncées,... toutes celles qui, finalement, ne rencontrent jamais cet état d’extase sur le chemin de leur corps, n’écarteraient jamais leurs cuisses, pour offrir aux caresses, la partie la plus douce. Or elles le font, c’est attesté. Toutes ces femmes ne font pas l’amour pour l’orgasme, mais pour toutes autres sortes de raisons : par obéissance, pour faire comme tout le monde, pour recevoir la semence divine de l’homme, pour enfanter, pour gagner de l’argent... ou tout simplement, parce que le plaisir peut être là sans pour autant qu’il atteigne un paroxysme. On appellerait cela : le plaisir mou.

Et ben ça promet !

Mais attention, pas de malentendu ni de sousentendu : Le plaisir, même mou, c’est tout de même du plaisir !

Mais alors pourquoi, seule une petite troupe d’élues, pourrait goûter aux joies de la nouba nue, quand toutes les autres n’ont qu’un petit coup de mou pour geindre ?

Multiples spéculations... Tous les plus grands spécialistes du corps se sont penchés, à un moment ou un autre, sur cette haute question. Forts de grands débats sur l’évolution des espèces, sur la société qui opprime la femme ou sur le rôle antidépresseur de l’orgasme, ils se sont bien repus à tourner autour du pot, avant d’en lécher le miel. Il ne faut pas se leurrer, les plus grands scientifiques ont, eux-aussi, leur petite faiblesse en bas du ventre. Emil Jannings amoureux de Marlène Dietrich dans l’Ange Bleu est le plus pur et le plus naïf de ces êtres fragiles que l’on appelle Professeurs ou Maîtres.

Pour éviter les expertises, ne nous penchons pas sur l’antre de la folie. Laissons plutôt l’origine du monde nous engloutir. Nous flotterons alors dans les eaux chaudes et caressantes... Flottement... Usure, Usure, Démesure,... Usure, Usure, Sussure,... Usure, Usure, Soie sûre,... Usure, Usure... aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa.

Mais ne restons pas là émues, remuées, émoustillées et mouillées. Reprenons notre bâton de pélerine et continuons notre marche jusqu’à l’ultime salut : l’orgasme.

Qu’est-ce à dire de cette chose, cette éponge à désir, ce mirage, cette chimère vorace de chaire ?

Où se tapit donc cet être secondaire ?
Peut-être l’orgasme ne se trouve-t-il que dans les fantasmes., et nul part ailleurs.

Et bien, maintenant on va nous faire avaler que l’orgasme n’existe pas !

Ah ! vous me fatiguez petites voix ! Avalez, avalez donc tout ce qui pourra vous pénétrer. Si je dis : “l’orgasme n’existe qu’en fantasme”, c’est parce que sans fantasme, la femme ne jouit pas... ou peu. Il faut la puissance imaginaire pour créer le monstre, la chimère qui va l’emporter.
Pour chevaucher l’échine blanche du taureau, Zeus, Europe a dû laisser son esprit errer au gré de ses plus profonds caprices. Pour être soulevée, elle a dû se rendre légère, légère, et se guérir de sa pensée.

Fantasmes des femmes, secrets si bien gardés. Quand les hommes étallent les leurs sur la place publique jusqu’à la nausée, les femmes cachent tout ce qu’aspirent leurs outrecuidantes cuisses. Et alors elles ne savent pas jouir. A moins que, peut-être, quelques mystérieux amants les initient de leur vi.
Ah malheureuses ignorantes, qui croyez qu’il faut désirer votre amant légitime, et refuser tout au-delà qui vous rendrait si légères, légères,.. au point de chevaucher un taureau.

Mais excusez-moi, femmes vierges d’orgasme, je ne peux vous divulguer mes secrets fantasmes. Seules vous, pouvez les laisser se dessiner

Fantasmez, fantasmez... jusqu’à l’orgasme...

A suivre....

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