L’aire de rien

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L’Art est dans la rue

mars 2008, par Christophe

In Berlin überziehen riesige grosse Werbeplakate die Gebäude und mahnen die Bürger, zu konsumieren. Die Werbung finanziert die Sanierung von Berlin. Die Werbung verfolgt das Ausräumen des besetzten Häuser, privatisiert die Strasse und bläst die Projekte in den Wind.
Parallel zeigen die hause projekte ihre Kreativität in der Strasse. Freie Kunst quellt aus freien Räume.

A Berlin, une chose frappe le regard, ce sont ces immenses publicités... Pas des panneaux 4X3 qu’on trouve déjà trop grands, trop envahissants... Non, des façades entières d’immeuble recouvertes de chefs d’œuvre de la consommation. Les immeubles sont choisis avec soin. Pas question de se cacher. On expose ces toiles de préférence le long des croisements. C’est massif, impérieux, et comme les artères berlinoises sont tout aussi immenses, le regard est piégé par la perspective. La nuit, les panneaux publicitaires sont encore plus criants, plus menaçants, éclairés par une ribambelle de spots ultra violents. Surplombant les sombres rues berlinoises, à l’éclairage public parcimonieux, les publicités font des trous de lumière, détournent la nuit à leur profit.


Des portables, de la lingerie, des voitures, des voyages sont proposés à prix chinois, gadget offert avec quelques options en options... On te murmure, du coin de l’oeil : "Achète, mon frère, demain t’auras un crédit et les scientifiques trouveront une solution"...
Bien sûr, personne ne vit coincé derrière ces sourires mannequins de VRP statiques, privé de la lumière du jour. Il n’y a bien entendu plus personne. Y a-t-il déjà eu quelqu’un ? Cette embellissement des échafaudages, ce chatoiement de messages simples, cette win win attitude n’est qu’une étape dans un processus bien orchestré.

Who kills mitte ?

La publicité finance la rénovation de Berlin.
"Sanierung", ce mot cache une opération financière sans précédent, hissant péniblement Berlin au rang des autres capitales européennes. Les loyers grimpent, la courbe suit la géographie du neuf, territoire qui s’étend, par tâches, par panneaux publicitaires interposés.
Certes le centre de Berlin, Mitte, et les autres quartiers de l’Est avaient bien besoin d’un petit coup de brosse, histoire, au sens noble, d’assainir... La santé, pas l’hyperhygienisme qui sévit actuellement. Le blanchisselment du passé proche et lointain. La division méthodique de l’espace.



Alors les squatts, les lieux autogérés, les non lieux collectifs, les vokü s’écroulent... Ces espaces grignotés sur les débris du mur sont repris en main par de nouveaux propriétaires, un brin avide, avec le regard complice de la municipalité. Ces zones de gratuité sont vendues aux enchères, certaines tentent l’autofinancement.
Mais cette vie féconde, bouillante, qu’on tente de mettre sous scellés, est toujours là. On peut la suivre à travers ses tentatives de réapprpriation de l’espace public. Tous ses 6 embusqués nous prouvent que la rue reste un lieu d’expérimentation, de création... Chaque cm2.de est à prendre, à conquérir...

La publicité cache les expulsions, privatise la rue, vend du vent.
L’art de rue exprime des colères, des rêves, des folie et répond, pixels par pixels, aux karchers de l’immobiliers.

Récemment, bien alignés sur le tas de sable d’un chantier, des cotons tiges dénonçaient un nouvel immeuble champignon. Plus loin, ogo, un animal curieux à trois yeux qui se promène sur les murs de Mitte, demandait : "Il n’y a pas encore de maison ici ?".

Malgré tout, la reconquista avance vite.

L’ironie, l’art, c’est quoi au fond ?
Des roses sur un tas de fumier ?



Portfolio

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