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Critical mass à Berlin, mai 2007

Comme tous les derniers vendredi de chaque mois, les cyclistes militants se sont retrouvés pour une critical mass (Farrhad demo). La police nous attendait, prenant soin de noter le numéro de cadre des vélos qui ne présentaient pas un parfait état de marche (freins, lumières, etc...). Leurs propriétaires étaient censés se présenter au Commissariat au bout de deux semaines pour que la Police vérifie si les réparations ordonnées avaient été faites. Après cette opération, la vélorution berlinoise a enfin pu se mettre en route, pour un petit tour, devenu habituel, dans les rues de la capitale.

Contrôle des identités Contrôle des vélos Enfin, le départ Un voyageur nous accompagne Le peloton Grand angle Toujours souriant ! Klaxon Au ras du sol Critical mass Le tramway avec nous ! Unter den Linden

Critical mass à Berlin, mars 2007

Farrhad demo im Berlin (Deutschland).

Tous les derniers vendredi... Ca suit ? - Kommst du mit ? Echauffement - Sie machen sich warm Auto-détermination - Selbstbestimmung 07 ? Unter den Linden est à nous - Unter den Linden Strasse gehört uns ! On franchit la Porte de Brandenbourg - überwindet Brandenburger Tor Les portes-vélo devant le porte-drapeau - Die Fahrradträger vor dem Fahnenträger TorStrasse bloquée - Die Blockade der TorStrasse Doubler ou mourir - überholen oder sterben On respire mieux les voitures au cul qu'au cul des voitures - Die freie Atmung La quatre voies à quatre voix - vierspurige, vierstimmig

Il y a dix ans, les masses critiques à Berlin rassemblaient 200 à 400 personnes. Mais les efforts de la polices ont découragé les meilleures volontés, trop de vélos se sont fait embarquer.

Par ailleurs Berlin est une ville où le vélo a sa place. Les autos ont leurs voies, les tramway, leur couloir, et les vélos leurs pistes. Chacun a sa ligne comme à la piscine. A quoi bon polémiquer ? Que revendiquer de plus ?

Mais le 30 mars 2007, les 45 cyclistes présents n’entendaient pas rester dans leur ligne. Troisième masse critique depuis dix ans, les pédalophiles se sont rassemblés et ont relancé le débat. Quelques stickers collés dans Berlin, des réseaux, des passionnés du vélo et voilà la masse critique reconstituée.

Il fallut d’abord perdre le fourgon de police qui suivait comme une tortue le rassemblement, et brayait des instructions en allemand à coup de haut parleur. Sauter les trottoirs, prendre les rues piétonnes, décider sur un coup de tête de tourner à gauche, le mouvement était d’abord complètement désorganisé. Sans but, simplement spontané.

Mais les passionnés de vélo s’entendent vite, et l’idée a circulé qu’il faudrait peut-être bloquer les voitures et pas les policiers. Le cortège a alors convergé vers les rues à une voie, très fréquentées, comme la Friedrich Strasse. Ces rues sont faciles à bloquer et 10 cyclistes suffisent à prendre l’espace que les hommes en voiture entendent occuper. La trentaine de vélos présents suffisaient amplement à créer un joyeux bazar, aux yeux étonnés des touristes en visite à Check Point Charlie.

Mais la police suivait encore, et les cyclistes comme une volée d’oiseaux, devaient couper les carrefours ou bifurquer sur un coup de tête.
A Brandenbourger Tor, devant les hordes de touristes, la police a plié bagage, et laissant la masse critique se déployer librement.

Un levé de vélo devant le Bundes Tag scella définitivement l’esprit collectif du petit groupe. Les cyclistes avaient gagné leur après-midi, ne serait ce que pour ce petit sentiment d’euphorie.

L’essaim est alors reparti, cette fois vers la Tor Strasse, la quatre voies terriblement pénible en vélo. La Tor Strasse est une rue bruyantes, à l’air saturé de gaz d’échappement des voitures et des camions, qui la traversent à toute allure. Pédaler tranquillement sur la Tor Strasse, même pour dix minutes, est un vrai défi. Cet espace est le territoire exclusif des voitures, au point que les cyclistes empruntent les petites rues parallèles, Farrhad Frei.

Trente vélos en troupeau, et le rapport de force change : c’est la masse critique. Les voitures se sont donc vues forcer d’avancer au rythme du vélo. Certaines pourtant, sans se laisser démonter, doublaient, lancées à toute allure à contre-sens, en rodéo road contre la mort. Les chauffeurs s’énervaient, trépignaient, s’impatientaient, bloqués par des traînes pédales. Un 33 tonnes excédé est même allé jusqu’à doubler la colonie de fourmis. Comme un banc de sardines, les cyclistes se sentent invulnérables, ils se protègent les uns les autres contre les prédateurs. Une femme hystérique menaçait d’appeler la police, sous les regards hilares des cyclistes. « Elle peut bien appeler la police celle-là, même sa mère, même le pape, si elle veut. Personne n’y pourra rien, le temps de sa colère nous sommes les plus forts. ». Il y a certaines attentes qui sont insupportables, car elles dépendent de l’arbitraire de celui qui a le pouvoir. Et ce pouvoir était acquis par des vélos.
Le vélo, d’habitude, c’est l’avant dernier de la hiérarchie de la rue, avant le piéton et l’handicapé. Mais voir ainsi le rapport de force changer est insupportable pour qui est habitué à passer devant.

Un bedonneux en grosse voiture noire a glapi : « Donnez moi vos noms, donnez moi vos noms ». « Mein Name ist Mercedes Benz » aurait-on dû répondre. Malgré leur gros moteur, leur cuirasse de métal, les publicités qui vantent le bonheur de rouler en cylindrée, les rois de la route ne pouvaient plus avancer.

La seule solution qui restait aux autos, consistait à écraser un ou deux cyclistes pour se frayer un passage. Mais personne ne l’a fait. Peut-être par humanité. Peut-être encore par peur de la loi. Mais ce jour-là, la loi, c’était les cyclistes qui la faisaient.

La dernière altercation se fit avec une fourgonnette qui voulait s’imposer et plaquer la masse de cyclistes contre le trottoir. Un cycliste léger, au vélo fin, rapide et vif rendit le gros chauffeur fou de rage. L’homme sortit de son véhicule furieux, le visage bouffit de colère, essayant vainement de rattraper l’agile cycliste en lui courant après. Le pauvre bougre moqué, humilié, a bien dû se faire une raison : il est impossible d’attraper un cycliste à pied, même en courant très vite.

Les cyclistes ont ainsi joué les troubles-fête, petits grains de sable dans la cadence perpétuelle des voitures. Si la masse critique était constituée de cyclistes convaincus et chevronnés, certains cyclistes, là par hasard regardaient avec bienveillance la petite manifestation. La place des voitures dans la ville, le changement climatique, la pollution des poumons, la peur quotidienne de l’accident... tous ces problèmes qu’ils vivent chaque jour, seuls contre les voitures. Être cycliste dans Berlin, c’est être condamné à une cohabitation forcée avec des fourgons blindés.
Pourtant cette ville, nous l’aimons, nous y vivons, nous en sommes la faune, nous la rêvons plus libre, moins agressive.

Voilà, comment se déroula la masse critique du 30 mars 2007 à Berlin. Qu’en reste-t-il ? Rien si ce n’est une sensation de liberté arrachée.


Critical mass à Berlin, avril 2007

Unten den Linden au soleil Visite rapide à la Porte de Brandenbourg Départ groupé Roue en avant Contre jour Photo de groupe Photo de groupe Plan large Virage serré Photo de groupe Unten den Linden au soleil Bleu Levée de vélo Portrait La Critical mass au vert Bonjour joyeux aux klaxons La pub, la voiture Le vélo et la sensualité Salut ! 17 Juni Strasse 17 Juni Strasse Et les voitures s'entassent Ola Portrait Portrait Portrait Patience, patience Contre jour La critic mass devant Siegesaüle La critic mass devant Siegesaüle - 2 Tendresse cycliste

Faisons rayonner l’Etoile

Place de l’Etoile, à Paris, le 22 septembre 2006, des cyclistes se sont donnés rendez vous pour fêter la Journée Sans Voiture... Et nous avons rayonner pendant une heure...

En savoir plus sur cette action : http://www.velorution.org/articles/316.html
Voir d’autres photos de cette action : http://transversale.free.fr/article.php3?id_article=53


Coïncidence à la Défense

Le 12 mai, des cyclistes parisiens se sont retrouvés à la Défense, sur le boulevard circulaire, autorisé à la circulation des vélos... mais étant donné la vitesse des voitures qui se pensent sur une autoroute, aucun vélo ne peut, seul, espérer survivre...

Devant nous...

Action zone 30

Le samedi 17 septembre 2005, la Vélorution était porte de Montreuil, pour réclamer que Paris devienne ZONE 30.