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Non aux méga-bassines à Ste Soline et ailleurs

samedi 29 octobre 2022, par Christophe Noisette

Ce samedi 29 octobre, nous étions plus de 7000 personnes à dénoncer la main mise sur l’eau par une poignée d’agriculteurs, soutenus par les pouvoirs publics. Plus de 150 organisations, syndicats, partis politiques avaient appelé à rejoindre cette manifestation. Et cette hétérogénéité s’est retrouvée toute la journée, dans les différents cortèges, les drapeaux, les discussions. Pas facile pourtant de faire consensus. Même si tout le monde était là pour dénoncer la privatisation de l’eau et l’agro-industrie, des différences notoires étaient tangibles. Ainsi, à la tribune, Philippe Poutou (NPA) a été acclamé, Yannick Jadot (EELV) hué. Parmi les politiques, deux député.es de la France Insoumise (FI), Manon Meunier et Loïc Prudhomme, et un euro-député EELV, Benoit Biteau.
Nicolas Girod (Confédération paysanne), Julien Leguet (Bassines non merci) et une personne Des Soulèvements de la Terre, notamment, ont bien expliqué en quoi les méga-bassines, comme celle de Sainte Soline (79, Deux Sèvres) sont une mauvaise réponse à la crise climatique que nous subissons de plein fouet. Les arguments me manquent pas, écologiques ou économiques. La sécheresse nécessite de changer radicalement de pratiques agricoles. Pas de mettre des pansements sur des jambes de bois. Pomper l’eau l’hiver pour irriguer l’été est une idée inefficace et surtout nocive.
Lors de ce rassemblement, les manifestants ont essuyé des tirs incessants de lacrymo, de bombes de désencerclement, de grenades explosives GM2L et de LBD. Au final, une cinquantaine de blessés, dont cinq graves qui ont dû être hospitalisés. Quelques gardes à vu, aussi. La Préfecture parle de plus de 60 gendarmes blessés. Ceci me paraît tout à fait impossible. J’étais sur place et ce n’est pas les quelques feux d’artifices et cailloux qui ont été lancés qui pourraient les blesser. Ils étaient en nombre, plus de 1500 officiellement, soutenus par 7 hélicoptères... Mais la mission a été réussie : un des cortèges a réussi à pénétrer sur le chantier de la méga-bassine, en enlever les grilles. Action hautement symbolique. Il n’y avait sur place, rien, rien que des cailloux. Un dispositif répressif totalement disproportionné. Pourquoi avoir interdit cette manifestation ? Pour mieux la réprimer ? Pourquoi avoir tenu à grand renfort de denier public et de gaz lacrymo à empêcher que des milliers de personnes investissent, le temps d’un après midi, ce chantier ?