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R. Depardon - P. Virilio : Terre natale - Ailleurs commence ici

Nous allions voir "une exposition Depardon" les yeux fermés. Célèbre pour son regard scruteur, ses prises de pouls de la planète. Nous nous attendions à comprendre un peu plus du monde vaste et divers.
On nous annonce, à l’entrée, qu’il s’agit d’installation, de vidéo... Il y aura très peu de photos de Depardon. Déception...

L’exposition portait sur les cultures en déracinement et les mouvements humains sur terre.
Ceux qui étaient filmés, comptabilisés, mis en lumière par ces Monseigneurs de la culture, Raymond Depardon et Paul Virilio, n’assisteront jamais à une telle mise en scène. Numérisée, cette humanité souffrante version numérique, n’a plus d’odeurs, et peut alors tranquillement s’épancher dans la propre et luxueuse Fondation Cartier, visitée par les parisiens humanistes.
Des visiteurs qui lisent la radio et écoutent en boucle la fin du monde, la misère et l’exploitation... Ils connaissent la problématique évoquée ici. Nous ne parlerons pas alors de vulgarisation... Non, il s’agit d’Art....

Dans la grande salle du bas, une trentaine d’écrans plats forme une salle des pas perdus, énumère une humanité en mouvement. Des micro-séquences du journal télévisé se déclenchent sporadiquement, pointillisme, fractales. Des gens prennent des trains, voyagent, émigrent... Nous même nous naviguons, à vue, et rien n’attire particulièrement le regard. Ca bouge, ça clignote mais le propos semble se réduire à la technique, à l’esthétique...

A côté, une animation en chiffres et en 360 degrés nous présente les flux de populations dans le monde à partir de 1995, les transferts financiers entre les pays, les exodes, les catastrophes naturelles et humaines, et nous montrent, calcul à l’appui que l’exil semble être la perspective de l’humanité... L’installation est un peu froide. Toute cette belle technologie au final ne nous dit rien de plus que ce qu’on ne sait déjà,... que les plus démunis face aux crises sont les plus démunis, que les réfugiés climatiques seront de plus en plus nombreux, surtout venus des pays du Sud. On aurait pu s’en douter. On s’en doutait d’ailleurs.
La critique reste floue, vague. Pas un mot sur les crachats de l’industrie. Le mot "croissance" n’est pas évoqué, du moins pas dans notre souvenir. Où est la remise en cause ? Si ce n’est pas le but, qu’est-il ? Pas un mot sur les alternatives. Exposent-ils pour nous dire que c’est inévitable ?

A l’étage, un film, "Donner la parole", où Depardon nous présente quelques "bons sauvages", Bretons ou Mapuches. Là encore, ça va trop vite, ça dit pas assez. Nous restons sur notre faim. Petits clips de la misère ordinaire. Cultures oubliées, anéantis et qu’on interviewerait dans un dernier souffle. Pour qui ? Pourquoi ? Pour les archives ?

Dernier morceau : "Le tour du monde en 14 jours"... On touche là au sommet de la vacuité... On est dans un réalisme fade, une scène de plage à Honolulu et au Cap, une scène de rue à Singapour et à Hô Chi Minh-Ville..., des scènes, crues, sans mise en scène... Grands écrans pour petits propos. Où est la distance qui fait l’art ?

C’est donc sans surprise que nous visitons cette exposition bien agencée. Nous sortons de là ni perturbé, ni admiratif, ni ému. Nous sortons de là, comme on sortirait d’une conférence éculée sur le développement durable, avec pour preuves quelques chiffres et des vidéos, avec le sentiment d’avoir déjà vu cela, sur Arte, pour ne pas dire sur d’autres chaînes, moins fréquentables.
Nous nous attendions à mieux de la part de Depardon. A-t-il abandonné son rôle de lanceur d’alerte ?


O2 oder Spree Ufer für Alle

Dancing to freedom O2 World Prise de la scène extérieure Aus dem weg kapitalisten Luxus für Alle Les gens Surveillance canine De l'autre côté Petite charge Eclaboussure de rires Les gens mais de dos

Manifestation de soutien aux espaces libres et autogérés

L’appel à manifester était placardé dans le hall de notre immeuble, près du parcours enregistré à la préfecture : "Pour des espaces librement auto-gérés et l’auto-organisation. Contre la Domination et le Capitalisme". Les services de police, bienveillants, informaient les habitants du quartier aisé de Mitte, des éventuels désagréments qui les attendaient.

One struggle, one fight - Köpi Bleibt Freide den Hutten Rosenthaler platz salnierlen Le specte de la spéculation Autonom leben bleibt Yuppies are not welcome in Berlin La manif est bloquée Fumigène Détermination de part et d'autre Vidéosurveillance La manif est repoussée manu militari Et faut pas broncher, et marcher droit Reconduit jusqu'au métro...

Cet appel a immédiatement éveillé notre attention. Nous étions en effet nous-même en délicatesse avec notre propriétaire. Ce dernier travaillait ardemment nous expulser afin de louer son immeuble, cinq fois plus cher, à des locataires plus délicats (cf. ALM, une maison sans toit qui résiste). Pour arriver à ses fins, il avait fait détruire le toit et les cheminées quelques semaines avant l’hiver, nous obligeant ainsi à écumer la pluie et le froid avec des bassines et des couvertures.
Tous vêtus de noir, comme à un enterrement, nous voilâmes à 1500, à la tombée de la nuit, froide, en plein coeur de Berlin pour nous plaindre d’une ville, capitale des graffitis et des Freiräume, qui se rénove en détruisant, depuis une dizaine d’années, ces espaces aménagés par ses habitants. Londres, Paris, Barcelone, Milan, Zurich, Dublin, Bruxelles, Vienne, toutes ces villes ne semblent plus destinées qu’à abriter les conforts et les luxes choisis. C’est la règle des capitales en Europe de l’Ouest : Stratégiser, acheter, vendre, risquer son argent, faire construire et revendre. Et Berlin dérive à l’Ouest.
Vivre ensemble, coopérer, donner, prendre le temps de développer, construire et habiter, telle est la règle qu’appellent les défenseurs des freiräumung, des Wagendorf, des squats. "Faites vos mesquineries dans votre coin. Nous nous vivons et faisons vivre un espace, ils nous appartient. Vous n’êtes propriétaire de Rien, et surtout pas de notre façon de vivre". Voilà ce qu’étaient venus dire ces manifestants en plein centre de Berlin.
Köpi et Riggaer str. sont deux lieux emblématiques de la liberté qui a pu sévir à une certaine époque à Berlin. Ce soir, ce sont les héros. On scande leurs noms, et des hourras à la gloire de leur combat. Köpi Bleibt ! Il y en a eu d’autres avant, il y en aura encore quelques uns après.
"Ces lieux abolissent volontairement les espaces privatifs, pour les transformer en espaces ouverts. Ouverts, non pas balayés par les vents et le pillage, mais ouverts à la cohabitation directe".
Ces gens rassemblés demandent une chose : qu’on les laisse exister, s’organiser, vivre comme ils l’entendent, et pas : dans des murs de placo blanc, dans des boîtes-salle-de-bain-cuisine-chambre-en-25m2, chacun chez soi et oeil de boeuf sur les voisins.

Évidemment les manifestants veulent aussi abattre le capitalisme, mais bon, faut bien rêver un peu.
Comme la plupart des adeptes de ce mode de vie ont une allure vagabonde et possèdent peu, on s’imagine vite qu’ils sont paresseux, drogués, des traînes-savates qui se complaisent dans le fouillis. Peut-être que depuis les hautes sphères de fauteuils en cuir, on les perçoit comme des verrues à écraser, pour rétablir, l’ordre, le calme et la sérénité. Pour le bien du corps dans son ensemble, il faut expulser le pue, rentabiliser l’inerte. Permettre à chacun de courir après son intérêt, d’avoir sa maison Ikéa ou son napperon de dentelles, au choix. L’individualité de masse.
On s’imagine que ces manifestations de jeunes en noir sont cette sortie de pue, on regarde par sa fenêtre, mais on ne s’y mêle pas. Les drapeaux rouges et noirs antifascistes, anticapitalistes flottent et attendent le départ retardé par le millier de policiers déployés, dans leurs uniformes lavés et repassés depuis le G8 à Rostock en juin dernier. Le lieu commun veut que ces groupes d’extrême gauche ne veulent qu’en découdre avec la police, comme le rapporta le lendemain, le journaliste de la RBB. Certes, cette jeunesse-là adule les lanceurs de cocktail Molotov contre les représentants de l’ordre public. Mais au fond ne serait pas pour en finir, là-encore, avec le désordre ?

La tension est forte, un lacher d’émotion collective, d’ardeur politique. On rit des gens qui achètent avec fièvre pendant les soldes et les samedis, on rit des clones en noirs qui crient dans la rue. Chacun son mode d’expression.

Dans le haut-parleur de la camionnette, l’orateur annonce les messages de solidarité d’un groupe anarchiste du Japon, rencontré à Rostock, et qui prépare le prochain contre-G8.
La manifestation part enfin, nous marchons vite pour ne pas couper les rangs. Dans la nuit au milieu de l’énorme Tor Strasse, les manifestants et les policiers sont presque au corps à corps. Des étincelles, des jets, des appels, le cortège passe bientôt près de chez nous. Nous faisons passer au micro un message de soutien aux habitants de Alm, c’est-à-dire nous.
Des balles de peintures sont jetées. On arrive à Rosenthaler Strasse, rue commerçante et chic. Les coiffeuses nous font des signes en s’esclaffant, une jeune fille devient hystérique, son beau manteau est souillé. On avance en se prenant les bras dans la rue illuminée. Puis soudain le cortège est stoppé et coupé en deux. De petits affrontements se déclenchent. Certains sont tabassés par des policiers qui nous serrent de plus en plus, nous encerclent. Les incursions policières , sporadiques, saucissonnent la foule des manifestants ne sachant pas très bien ce qu’il faut faire. On résiste un peu, volonté contre volonté, mais on sent chez les policiers un entêtement violent à briser les manifestants. Au bout d’une heure de têtes à têtes, le dernier foyer est refoulé manu-militari au métro Rosa Luxembourg. Mitte peut se remettre à consommer en paix.
Mais la volonté des manifestants n’est pas brisée, au contraire, elle puise ses forces dans ces affrontements, où sa solidarité s’expose et explose.


ALM, une maison sans toit qui résiste

Berlin... Le mur est tombé, tout le monde le sait, ce n’est plus un scoop... En tombant, il a laissé orphelins des milliers de logements, précédemment propriété de l’Etat, de la DDR.... Alors les squats ont poussé, entre les grues et les programmes de rénovations...

Presque 20 ans plus tard, que reste-t-il de ce grand mouvement de ré-appropriation de l’habitat ? Que reste-t-il de cette ville après le passage des chars russes de l’immobilier ? Des miettes, des îlots perdus, isolés... Certains ont une réputation mondiale, comme le Köpi, Brunnenstrass 183, UFA Fabrik, Reggenboggen Fabrik ; d’autres sont plus discrets, comme Schwarzer Kanal, un wagondorf queer ou Alm, une maison qui héberge 14 personnes, venues de toute l’Europe, avec comme point commun l’envie de vivre à plusieurs, de partager...

La première cour Source de nuisances sonores Ce qu'il reste du toit Et une cheminée en moins Salle commune Baby-foot La deuxième cour

Mercredi 14 novembre, 7 heures du mat’

A Alm, tout le monde dort, ou presque... Certains essayent de trouver le sommeil, la tête encore chahutée de vin... Des bruits de métal, des voix attirent l’attention des habitants du lieu... Les visages mal réveillés, les yeux mal décillés découvrent alors quatre ouvriers, qui commencent à déplacer du matériel, à monter sur le toit, à installer une affreuse colonne jaune pour vidanger le toit... Que se passe-t-il ?

Le souvenir d’une lettre reçue quelques semaines auparavant revient à l’esprit... Le propriétaire annonçait, laconiquement, qu’à partir du 5 novembre, des ouvriers viendraient faire des travaux sur le toit et qu’il serait alors impossible, plus exactement interdit, d’utiliser les poêles, à bois ou à charbon, pour se chauffer... A titre indicatif, il n’y a dans cette maison aucun chauffage central et aucun autre moyen de se chauffer. Sachant que nous sommes à Berlin, à l’orée de l’hiver,... Vous aurez compris la menace claire et la volonté toute aussi évidente du propriétaire.

En une journée, c’est l’ensemble du toit qui a été mis à terre, et la charpente couverte, la nuit venue, d’une simple bâche plastique mal agencée. Le lendemain, le troisième toit est tombé à coup de masse, nous laissant complément à nu, à découvert. Les locataires des derniers étages, peu rassurés, ont commencé à couvrir leurs propres étagères et affaires, au cas où.... Le troisième jour, une neige fine tombait sur Berlin...

A réception de la lettre annonçant les travaux, avec l’aide de leur avocat, ils ont déposé un recours... qui leur fut favorable. Le propriétaire a donc passé outre la décision de justice... Tout simplement... Une nouvelle décision de justice vient de tomber : elle exige que le propriétaire remette en place le toit, décision toute aussi entendue que la précédente.

Mais ne dit-on pas que la France fait la grève quand l’Allemagne s’assied autour de la table de négociation... Alors pourquoi ici, aucune solution autre que l’affrontement ne s’impose ? Les habitants ne “ discutent ” avec le proprio, qu’à coup de procès, via un avocat... Guerre de tranchée stérile... Certains d’entre eux souhaitent engager un débat sur le devenir de cette maison. Ne faudrait-il pas monter un projet culturel ? En effet les “ Haus Projekt ” et autres squats artistiques bénéficient d’une certaine protection municipale, mais le fait de vouloir vivre collectivement n’est pas suffisant, il faut remplir des formulaires, obtenir la bénédiction de la municipalité (de gauche)… Or, concrètement, Alm est à la fois un lieu d’accueil, un espace ouvert aux artistes de passage, un creuset de débats et d’échanges,… mais Alm n’a pas le tampon.

Et la rénovation, prétexte à l’expulsion, n’est-elle pas nécessaire ? A coup sûr, ce bâtiment est infesté de peinture au plomb et l’isolation – passoire n’est pas pour satisfaire les verts idéaux de ses habitants... Rénover sans expulser, tel est le défi... que personne ne souhaite relever... Rénover pour s’enrichir, cela semble plus facilement envisageable.

Le propriétaire a demandé à son homme de main, le Hausmeister, le concierge, d’augmenter la pression psychologique pour faire partir les locataires. Ce dernier se poste alors chaque soir, entre huit et une heure de matin, barre la porte de la cour d’une banderole de chantier, rouge et blanche, bloque physiquement le passage, et demande “ Que venez faire ici ? ” “ Qui allez-vous voir ? ”. Au début, le sésame ne s’ouvrait que rarement ; laissant alors les habitants passer une partie de la soirée au Baiz, un bar rouge et noir du quartier. Maintenant, ordre ou ... ordre, il est plus “ compréhensif ” et se contente de noter les réponses sur un bloc-notes... S’improvise-t-on parrain de la police... euh... je veux dire huissier de justice, comme ça ? Ce bout de papier griffonné à la va-vite pourrait faire office de preuve ? Preuve de quoi ? Que des gens vivent ici ? Ont-ils des contrats ? Peu importe, certaines personnes en ont. Mais si elles ne vivent pas ici, est-ce légal ? Et la course à l’immobilier est-elle juste ?

Plus que des preuves, ces notes sont l’angoisse des habitants, peu favorables aux systèmes de surveillance et d’dentification. La liberté est moins libre dès lors qu’elle est scrutée.

Quand le Hausmeister ne bloque pas le passage, il rode dans les escaliers, marchant d’un pas feutré, s’arrêtant sur le seuil des portes des chambres... Qu’espère-t-il entendre ? On y parle d’éco-village, de la psychologie comme une science biologique ou non, de rien, d’amour (ou de déception), de truc... en deutsche, español, english et français...

La maison est en forme de F. et sillonnée de trois escaliers. De l’un d’entre eux, des fenêtres ouvrent sur l’une des cours. C’est un des points d’observations de notre Hausmeister : il se poste là, immobile, dans le noir, et scrute les chambres et la salle à manger. Qu’espère-t-il découvrir ? ça parle, ça boit du vin plus que de la bière, parfois une voix s’élève, s’essayant au rythm n’blues.

Et le proprio, lui qui se croit tout permis, qui croit que la propriété privée est le droit des droits, l’ultime raison d’être, que souhaite-t-il ? Augmenter le loyer, rien de plus simple, rien de plus prosaïque. Triste réalité.

Alm se situe en plein cœur de Mitte, ex-quartier abandonné, devenu le saint des saints de la consommation, où les boutiques s’appellent Nina Ricci, Hugo Boss et Ferrari... Alors une bonne rénovation de l’immeuble, et le loyer peut prendre des dimensions plus alléchantes. Alors qui passerait à côté d’une telle chance ?
Devenir riche... sans travailler plus...

On pourrait presque en rire. La vie est parfois drôle, là elle est juste absurde.


Brunnenstrasse 183

Camions de policiers Camions de policiers Le 183 bien gardé

Ce matin, devant le 183, brunnenstrasse (Berlin, Mitte), un squatt berlinois en place depuis de longues années, une ribambelle incroyable de camions de policiers. D’après les témoins, ce serait plus de 600 policiers qui auraient été mobilisés.

Pourquoi donc ?

Le propriétaire du lieu a décidé d’expulser les habitants. Mais cela ne se fait pas du jour en lendemain... Une petite préparation psychologique est toujours la bienvenue. Donc, première étape : 600 policiers encerclent le lieu et organisent une fouille méthodique et un contrôle systématique des papiers des habitants. Première conséquence : une personne du Nicaragua a 10 jours pour quitter le territoire allemand.

A noter en vrac, car là, j’ai pas le temps de faire en détail, une manif se prépare pour aujourd’hui même à 17 heures et j’aimerais bien y aller.

Que va devenir cet homme agé de 81 ans qui vivait ici depuis de longues années ?

La police qui se croyait bien informé a jugé utile de débarquer à 600 pour contrer d’éventuelles résistances, ce lieu étant pour eux (mais cela fait longtemps que ce n’est plus trop le cas) un repaire de militants politiques.

Donc pour le moment, c’est l’expectative. Que va-t-il se passer dans les prochains jours ? Quand aura lieu la réelle expulsion ? Personne ne le sait.


Manifestation de sans papiers à la Bastille


Solidarité des écoles avec les enfants sans papier

De nombreuses écoles ont décidé de soutenir ouvertement le Réseau Education Sans Frontière et de dire leur solidarité avec les enfants de familles sans papier, les enfants expulsés.

Chaises vides, quartier des Capucins, Gray (2) Ecole Bachas, Marseille Ecole Jean Jaurès, Montreuil (93) (1) Ecole Parc Bellevue, Marseille Ecole, avenue de Bouvines, Paris 20ème Ecole, avenue Parmentier, Paris 11ème Ecole, Montreuil (2) Ecole, rue de la Bidassoa, Paris 20ème Ecole, rue des trois bornes, Paris 11ème Ecole, rue Fessart, Paris 19ème Ecole, rue Fessart, Paris 19ème (2)

Appel du Réseau Éducation Sans Frontières (RESF

Pour des milliers d’enfants et de jeunes majeurs, le 30 juin 2006 ne marquera pas le début des vacances d’été, mais bien le commencement d’un calvaire. En effet, à cette date, le sursis que M. Sarkozy avait dû accorder aux jeunes majeurs sans papiers scolarisés et aux parents d’enfants scolarisés tombera. Suspendues parce que les mobilisations d’écoles et de lycées se multipliaient, les expulsions reprendront.

Ainsi, en guise de vacances, des milliers de jeunes et d’enfants joueront aux fugitifs, en vrai, avec ou sans leurs parents, guettant les bruits de pas à l’heure du laitier, tremblant à la vue d’un uniforme et vivant dans la hantise de perdre à jamais leur école, leurs enseignants, leurs copains. S’ils sont arrêtés, le grand jeu de leur été sera un petit rôle dans un film policier sordide : l’interpellation, seul ou en famille, les parents rudoyés, 48 heures de garde à vue dans une cellule de commissariat puis deux ou quatre semaines en rétention, crasse, bruit, violence et promiscuité assurés, et, pour finir, un aller-simple vers un pays qu’ils ne connaissent pas ou plus, dont certains ne parlent pas (ou plus) la langue, papa-maman menottés, entravés comme des bêtes et attachés à leurs sièges.

A l’arrivée, ce sera pour la plupart l’extrême misère : pas de logement ou le bidonville, pas de travail et pas d’espoir d’en trouver. Des persécutions, parfois les plus atroces, contre ceux que la France a débouté du droit d’asile. Ils paieront pour les raisons pour lesquelles ils avaient fui et certains pour avoir dénoncé leurs tortionnaires à l’étranger. Pour les enfants, pas d’école, dans des pays où la scolarisation est un luxe. C’est ce gâchis qui se cache derrière les chiffres records d’expulsions annoncés avec satisfaction par le ministre de l’Intérieur : des milliers de vies propulsées dans l’indigence et parfois achevées sous la torture !

Nous ne laisserons pas détruire la vie de ces enfants, de ces adolescents et de leurs parents. Ils sont nos élèves, les copains de nos élèves ou de nos enfants. Ils ont commencé d’étudier dans ce pays, ils en parlent la langue, ils ont les mêmes joies et, hélas, des soucis bien plus grands que les camarades de leur âge. S’ils décident (ou, pour les plus jeunes, si leurs parents décident) d’échapper à une expulsion honteuse, nous les y aiderons comme nous avons aidé Rachel et Jonathan à Sens, Samuel à Pau, Ming et Wei-Ying à Evreux. Nous sommes solidaires de ceux qui les accueilleraient. S’ils demandent asile, nous ne fermerons pas notre porte.

Cela contrevient aux lois en vigueur. Mais l’enseignement que nous avons à dispenser à nos élèves ou l’éducation que nous devons à nos enfants ne peut pas être l’exemple de la soumission à un ordre injuste. Chacun a en mémoire les épisodes où face à des persécutions insupportables, chacun a dû faire des choix. Et où ne pas choisir était choisir de laisser faire. Et pas seulement dans les périodes de dictature. Rosa Parks, emprisonnée à Atlanta en 1951 pour avoir enfreint les lois ségrégationnistes aurait-elle dû se soumettre au prétexte que ces lois avaient été « démocratiquement » prises ? Le général Paris de la Bollardière, mis aux arrêts pour avoir dénoncé les tortures de l’armée française en Algérie, aurait-il dû se taire parce que la France était une démocratie ?

Nous ne laisserons pas se commettre des infamies en notre nom.


Contre le chômage et la précarité

A l’appel d’AC !, de l’APEIS et du MNCP, 5000 personnes ont manifesté à Paris, le 2 décembre contre le chômage et la précarité. Retour ligne manuel
L’appel se conclut ainsi : "Nous revendiquons un « statut de vie sociale et professionnelle » ouvert à toutes et tous et garantissant quoi qu’il arrive (licenciement, fin de CDD, fin de mission intérim, démission…) le droit à un revenu individuel décent avec pour référence le SMIC revalorisé et des droits sociaux afférents (logement, santé, transports, formation, points retraite, progression de carrière…)".Retour ligne automatique


Non à l’immigration jetable !

A l’appel du Réseau éducation sans frontières et du collectif Uni-e-s contre une immigration jetable, une manifestation a été organisée à Paris, le 1er juillet 2006, pour dire "non aux expulsions" d’étrangers sans papiers - dont de plus en plus d’enfants scolarisés - et demander l’abrogation de la loi Sarkozy sur l’immigration. Il s’agit de la loi CESEDA : code sur l’entrée et le séjour des étrangers et sur le droit d’asile. La manifestation parisienne a réuni 7 200 personnes, selon la préfecture de police, 50 000, selon les organisateurs.

Pour en savoir plus : http://bellaciao.org/fr/article.php...
http://contreimmigrationjetable.org/
http://www.educationsansfrontieres.org/